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The Mother : critique d'une daube Netflix avec Jennifer Lopez

The Mother  critique dune daube Netflix avec Jennifer Lopez
Découvrez la critique du film The Mother de Niki Caro - Jennifer Lopez est The Mother alias La-Super-Maman-Action-Woman dans le film Netflix réalisé par Niki Caro (Paï, Mulan). L'histoire est générique (une super-soldate doit protéger sa fille perd

mommy from the block

On le connaît bien le refrain de la figure maternelle dure à cuire, qui casse les tibias et jongle avec les guns. Rien que ces dernières années : Kate (Mary Elizabeth Winstead en tueuse qui protège la fille d'une de ses victimes), Proud Mary (Taraji P. Henson en tueuse qui protège la fille d'une de ses victimes), Bloody Milkshake (Karen Gillan en tueuse qui protège la fille d'une de ses victimes), Kill Bok-soon (Do-Yeon Jeon en tueuse qui a un enfant), Peppermint (Jennifer Garner qui venge la mort de sa famille), Everly (Salma Hayek en call girl badass qui protège sa fille)... *liste non exhaustive mais rire nerveux garanti*

The Mother ajoute une ligne dans cette page Wikipedia de féminisme à deux balles, où les films ressemblent plus à des véhicules pour actrice qu'autre chose. Jennifer Lopez (évidemment productrice) est donc là du début à la fin, prenant la pose dès l'intro du film qui pourrait tout aussi bien être celle d'un de ses clips. Jenny From the Block joue The Mother From the Algorithm, qui n'a pas de nom puisque c'est une fonction : la Mère, la Soldate, la Femme, l'Héroïne, la Star.

Super-maman est une super-sniper qui a eu la super mauvaise idée de suivre deux vilains, incarnés par les super-gachés Joseph Fiennes et Gael Garcia Bernal. Elle a couché avec les deux, est tombée enceinte, et se retourne contre eux. Le FBI lui enlève sa fille pour la protéger, mais douze ans après, elle doit sortir de sa tanière pour la sauver des griffes des méchants. Vous avez piqué une micro-sieste à la lecture de ce synopsis ? Préparez-vous à roupiller pendant 1h45, parce qu'il n'y a RIEN de plus.

allo maman dodo

Ne pas se fier au début du film, qui donne presque envie de croire à une petite série B solide notamment grâce à une certaine cruauté (une dizaine de cadavres et un coup de couteau dans le ventre). The Mother est bel et bien le descendant du téléfilm de deuxième partie de soirée, encore plus mal écrit qu'il n'est mis en scène, et avec une ambition inférieure aux 3/4 des pilotes de série.

C'en est presque drôle tellement le scénario signé Misha Green (Lovecraft Country), Andrea Berloff (Blood Father, N.W.A. - Straight Outta Compton) et Peter Craig (The Town, The Batman) sort toute la panoplie hollywoodienne du pire. Il y a le flashback explicatif pour lourdement montrer ce que le film ne sait pas raconter. Il y a non pas un mais deux méchants génériques, qui n'ont qu'une demi-page de dialogue pour exister. The Mother ose même confronter plusieurs fois son héroïne à une louve qui, elle aussi, ne cherche qu'à sauver sa progéniture. Le parallèle est même explicité dans les dialogues, au cas où quelqu'un aurait eu un AVC et n'aurait pas compris.

Le fait que l'identité du père ne soit ni un enjeu ni un sujet en dit sûrement beaucoup sur la connerie de l'entreprise. Même avec l'envie d'y croire, comme Pascal Praud qui résout le réchauffement climatique quand il y a du gel sur les pare-brise, The Mother devient vite une épreuve. Tout est simple et sans conséquence, puisque tout est réduit à une fonction. En d'autres termes : on se fout royalement de tout ce qui se passe.

The Mother : Photo Jennifer LopezÉcrire sans les mains

 

la mèreditude des choses

Tout le monde en a un peu marre des films "à la John Wick" (qui eux-mêmes sont "à la HK"). Mais The Mother rappelle qu'il y a bien pire en ce bas monde : les films "à la Taken 3", où une quinzaine de plans était nécessaire pour montrer Liam Neeson qui saute au-dessus d'une grille.

Le film d'action avec Jennifer Lopez ne touche pas ces sommets, mais c'est le même cercle des enfers. En plus de masquer dès que possible le visage de l'actrice-productrice pour arranger la présence d'une doublure (merci les casques et les capuches), sans même chercher à faire diversion, The Mother use et abuse des cuts dans les scènes d'action, évidemment surdécoupées.

Dans un bon film, c'est un style de mise en scène. Dans tous les autres, c'est une manière artificielle de dynamiser les scènes, en créant l'illusion d'action. Il faut voir Jennifer Lopez sauter depuis des escaliers sur une table (au moins six plans) pour se dire que The Mother a raté plusieurs marches au rayon action. Même les idées amusantes sont salopées par le montage et la mise en scène, comme cette simple cascade en motoneige où l'héroïne, dans les airs, tire sur un ennemi. Trop rapide, trop de plans, trop de cuts, pas assez de cinéma : c'est tout le film, résumé en deux secondes chrono.

The Mother : Photo Jennifer LopezMonter le film avec les pieds

Derrière la caméra, il y a Niki Caro. Révélée en 2003 avec Paï, récit initiatique sur une adolescente maorie, la réalisatrice s'est de toute évidence égarée depuis. Avant The Mother, il y a eu Mulan, remake-blockbuster Disney gentiment insipide qui semblait marquer le bout du chemin non-artistique. C'était sans compter sur l'usine Netflix, qui va un cran plus loin.

Comme dans tout bon film produit à la chaîne, The Mother a un réalisateur de seconde équipe, certainement chargé de toutes les scènes d'action pendant que Niki Caro gérait le reste. Ici, c'est Jeff Habberstad, dont le CV (Captain Marvel, Ant-Man 2, The Old Guard, After Earth) donne envie de fermer les yeux avec une pointe de glu. Ce détail explique en partie le sentiment de médiocrité ordinaire omniprésent à l'écran, qui relève moins d'un manque de savoir-faire que d'un je-m'en-foutisme industriel.

Toutefois, il faudrait être aveugle (ou invité sur CNews) pour imaginer que c'est le seul problème de The Mother. Le montage alterné entre le bouquet de la marié et le cascadeur dans les airs, l'utilisation d'Angel de Massive Attack, le cabotinage de Gael García Bernal ("D'ailleurs ma bite est dure rien qu'en y pensant") et certains effets de mise en scène en sont les preuves. Le fondu au noir final arrive si brutalement que tout le monde semble vouloir oublier ce film pour passer à autre chose, mais pas d'inquiétude : The Mother devrait sans effort disparaître dans le petit dépotoir de la SVoD.

The Mother : affiche

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