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Le prince Charles positif au coronavirus : God Save the (future) King !

L'héritier de la couronne britannique, 71 ans, a été contaminé. Mais la reine a tout prévu et William est prêt pour assurer la relève, si le pire devait arriver.
L'héritier de la couronne britannique, 71 ans, a été contaminé. Mais la reine a tout prévu et William est prêt pour assurer la relève, si le pire devait arriver.

L'annonce, mercredi en fin de matinée, que le prince Charles était atteint du coronavirus a fait l'effet d'une bombe dans un pays totalement confiné. Pourtant, au-delà de l'émotion suscitée par le sort de l'héritier au Trône, âgé de 71 ans, sur le plan institutionnel, la succession est assurée.

En apprenant la nouvelle de la bouche de son fils aîné, la reine Elizabeth, 93 ans, a dû se féliciter d'avoir réorganisé la famille royale autour de son noyau dur. En vertu du plan acté à Noël après le « Megxit », le clan Windsor a été réduit à la souveraine, le prince Charles et son épouse Camilla, le duc et la duchesse de Cambridge ainsi que leur fils aîné, Georges, âgé de 6 ans. La slimming down monarchy (« monarchie allégée ») est dorénavant à l'ordre du jour.

Guerre d'ego

En raison de l'âge avancé de la souveraine, la lignée Windsor était en effet devenue pléthorique. La reine a quatre enfants, huit petits-enfants et huit arrière-petits-enfants. Si l'on ajoute la descendance de sa sœur et de ses cousins et cousines directs, cela fait, au dernier comptage, 59 personnes. Trop de bouches à nourrir sur les deniers royaux, trop d'ego et d'ambitions à satisfaire, trop de potentielles bombes à retardement à surveiller.

En vertu de la nouvelle répartition des rôles, le prince Charles doit suppléer sa mère en assurant de facto la régence du royaume. Le futur roi a repris à son compte les aspects les plus fatigants de la charge royale : voyages à l'étranger, remise de décorations, parrainage de régiments et activité caritative haut de gamme. Il a également récupéré les fonctions assurées par son père Philip, retiré de la vie publique en 2017.

En épousant le 9 avril 2005 à la mairie de Windsor sa maîtresse, Camilla Parker-Bowles, à l'issue d'une relation en pointillé qui durait depuis trente-quatre ans, l'héritier au Trône a régularisé sa situation. La duchesse de Cornouailles se prépare à son futur rôle de reine.

Chamboule-tout

À l'origine, William et Kate devaient se concentrer sur le Royaume-Uni, dont la cohésion est menacée par le Brexit et les forces centrifuges en Écosse, en Irlande du Nord et au pays de Galles. William, duc de Cambridge, deuxième dans la ligne de succession, son épouse et leurs trois enfants devaient représenter la suppléance régalienne à l'intérieur des frontières.

En vertu de l'organigramme, bien qu'ils fassent partie du deuxième cercle des « Royals », Harry et Meghan devaient s'occuper du Commonwealth, en particulier du sud de l'Afrique. La reine avait d'ailleurs nommé Harry président de la jeunesse du Commonwealth et du Commonwealth Trust dont Meghan était vice-présidente. La grande famille d'Outre-mer est considérée comme un fabuleux atout pour développer l'influence britannique après le largage des amarres de l'Union européenne.

Mais après la décision du duc et de la duchesse du Sussex de ne plus exercer de fonctions officielles au sein de la famille royale après le 31 mars, leurs attributions ont été transférées à William et à Kate. Dans cette tâche, ils pourront bénéficier de l'appui d'autres membres du clan tenus en haute estime par la reine, à l'instar de sa fille, la princesse Anne, ou de sa belle-fille, la comtesse de Wessex.

Le chouchou de la reine

En cas de décès prématuré du prince Charles, William deviendra non seulement prince de Galles, mais, de facto, régent du royaume pour assurer les fonctions du défunt.

Âgé de 37 ans, le fils aîné de Charles et de Diana est la prunelle des yeux de la reine. Après la mort de la princesse de Galles, Elizabeth II a formaté son petit-fils à son image, conservatrice et fière de l'être. Le jeune homme cultive les bonnes vieilles valeurs traditionnelles de sa caste et croit aux fastes de la royauté tout en étant un homme de son temps, défendant la diversité et l'écologie. Diplômé de l'université de St Andrews et de l'académie militaire de Sandhurst, il a servi comme pilote d'hélicoptère dans la Royal Air Force.

Il est prudent, ne goûte guère à la prise de risque, et calme. Les qualités qui siéent à un futur monarque. « Nous avons le même avis sur ce qui est nécessaire pour respecter et préserver l'institution de la monarchie », a dit William en évoquant les conversations avec sa grand-mère tous les dimanches matins quand il était pensionnaire au collège d'Eton, voisin du château de Windsor.

De l'avis général, rarement un numéro trois dans l'ordre de succession n'a été aussi bien préparé à exercer la tâche de roi d'Angleterre.

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