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«El Loco» Bielsa, véritable attraction de la Premier League

Connu pour son jeu porté vers l’offensive, l’entraîneur argentin de Leeds, ancien coach de l’OM, sera l’un des personnages les plus suivis d

La rentrée des classes n'est pas encore effectuée, mais le professeur, lui, fait déjà beaucoup parler. A 65 ans, Marcelo Bielsa va diriger ce samedi après-midi son premier match dans l'élite anglaise avec Leeds, club mythique qu'il est parvenu à hisser en Premier League après 16 ans d'errance.

Pour le premier contrôle de la saison, les Peacocks du coach argentin surnommé « El Loco » (le fou) se rendent ce samedi à Liverpool (18h30), meilleur élève de l'exercice précédent. Face au champion d'Angleterre, une seule certitude, vestimentaire : même pour ce match de gala, Bielsa ne remisera pas le survêtement du club pour un costard.

Pour le reste, le tacticien, vainqueur du Championship l'an dernier (l'équivalent de la Ligue 2), est adepte des surprises. De tous les types. Comme partir sur un coup de tête après une seule petite journée de championnat ou obliger ses joueurs à concéder un but par fair-play.

Idolâtré des fans, adulé par les plus grands entraîneurs en activité, l'ancien sélectionneur de l'Albiceleste (1998-2004) s'est fait une spécialité : développer un jeu ultra-offensif avec des effectifs limités. Retour sur trois caractéristiques d'un coach aimé et détesté à la fois.

Les supporters l'admirent

Après avoir officié en Argentine, au Mexique, au Chili ou encore en Espagne, Marcelo Bielsa débarque à l'OM en 2014. Et son passage dans la cité phocéenne justifiera à lui seul son surnom d'El Loco.

Sous ses ordres, les Phocéens tiennent la tête du championnat pendant près de 15 journées, avant de s'écrouler lors du money time (4e au final). Ravis, certains fans créent un mouvement « San Marcelo » et peignent une camionnette à l'effigie du technicien. Mais l'histoire d'amour finit mal. Au soir d'une défaite contre Caen lors de la première journée de la saison suivante, Bielsa claque la porte, évoquant des désaccords majeurs avec la direction d'alors.

A Leeds, la folie Bielsa se poursuit. Malgré sa méconnaissance de la langue anglaise, le Mister séduit les fans par sa capacité à transcender des joueurs méconnus et à disserter sur le football. Les supporters se sont amassés devant son domicile pour fêter la montée en sa compagnie. Un fan a même fait commander une statue du technicien argentin tandis que des artistes habillent la ville à son effigie.

Artist Irek Jasutowicz works on a new mural of Leeds United manager Marcelo Bielsa near Hyde Park in Leeds. The West Yorkshire club will mark their return to the Premier League after a 16-year wait with a trip to champions Liverpool on Saturday.

#LeedsUnited #leeds #lufc pic.twitter.com/akp5h4euQD

— Danny Lawson (@DannyLawPhoto) September 10, 2020
Les plus grands entraîneurs l'adorent…

Souvent tancé pour son maigre palmarès, Bielsa est pourtant adoubé par les plus grands. « C'est une source d'inspiration pour tous les entraîneurs », a affirmé Jürgen Klopp avant de l'affronter. Le technicien allemand a même estimé qu'il n'était « pas en mesure de rivaliser (tactiquement) » avec son homologue.

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Adepte du marquage individuel et du pressing tout terrain, l'Argentin est un bourreau de travail, qui n'hésite pas à visionner des dizaines de fois les performances de son équipe pour innover tactiquement, en changeant de dispositif plusieurs fois au cours d'une même rencontre.

Un travail loué par Pep Guardiola, l'actuel manager de Manchester City. « Il est unique dans le monde du football en raison de sa façon particulière de faire jouer son équipe […]. J'ai beaucoup appris sur son style, son produit final. C'est une personne incroyable, il est si spécial. »

… mais les dirigeants s'en méfient

Les supporters de Leeds peuvent se rassurer : Marcelo Bielsa vient de prolonger son contrat d'un an dans le Yorkshire juste avant la reprise du championnat. Mais la prudence reste de mise. Durant toute sa carrière, El Loco a tendance à se fixer lui-même ses propres garanties. Après son départ surprise de l'OM, la deuxième aventure française de l'Argentin s'est soldée par un échec retentissant, au Losc (juillet-novembre 2017).

L'actuel président du club nordiste, Gérard Lopez, à l'origine de la venue de Bielsa, a expliqué cet échec par la « trop grande liberté » accordée au technicien. Dans chacun de ses clubs, le sexagénaire est arrivé à imposer son cahier des charges : un staff élargi, des échanges permanents avec la direction et une grande liberté dans le recrutement. Une dernière exigence qui l'a poussée à planter la Lazio de Rome en 2016… deux jours seulement après avoir donné son accord total au club italien.

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