Thèmes d'actualité fermer

Roland Garros : Gaël Monfils mis au coin par son père

En général, quand un sprinter a du mal à courir sous les 10’30’’ en meeting, il ne dégaine pas un 9’80’’ aux JO, sauf à plonger la main dans le pot de Nutella jusqu’au coude comme Ben Johnson. En tennis, c’est la même...

En général, quand un sprinter a du mal à courir sous les 10’30’’ en meeting, il ne dégaine pas un 9’80’’ aux JO, sauf à plonger la main dans le pot de Nutella jusqu’au coude comme Ben Johnson. En tennis, c’est la même limonade. Quand vous n’avez gagné qu’un match en seize mois avant de débarquer sur le tournoi, comme Gaël Monfils cette année, vos chances de voir la seconde semaine en Grand Chelem sont ultra-limitées, à moins de s’appeler Roger Federer. Alors, bien sûr, à Roland-Garros, le Français a parfois signé, tout cabossé et sans repères, des scenarii aussi géniaux et absurdes que ceux des Monty Python (demie en 2008). Mais il y a des limites à tout, surtout à 35 ans. Et puis, cela fait quand même sept éditions qu’il n’a pas vu les quarts. Hier, le Français a d’ailleurs cédé (6-0, 2-6, 6-4, 6-3) contre Mikael Ymer (105e), dont le pedigree est encore plus léger que celui d’Alexander Bublik (49e), son bourreau du premier tour d’octobre dernier.

"Je vais l’engueuler… c’est inadmissible"

Y a toujours un truc ou un hic pour expliquer le couac. Un coup le huis clos, un coup la déprime (début 2021), un coup le mollet trop épais (avril), le fémur qu’est trop dur, les guiboles qui flageolent, les tibias raplapla, de quoi ressusciter Gaston Ouvrard et son "Je n’suis pas bien portant". Le refrain pourrait être repris en chœur par tout le tennis français, qui a décanillé de Roland-Garros dès la fin du deuxième tour [hier en nocturne, Gasquet défait par Nadal 0-6, 5-7, 2-6]. Une première historique.

Bon, visiblement, pour Gaël Monfils, cette fois, le genou était trop mou. Grand seigneur bien que gêné en défense, il ne s’est pas caché derrière sa rotule : "Je n’en parlerai pas. J’ai joué, j’ai perdu. Il n’y a pas de souci. C’est dur. Dans l’affaire, je suis hyper frustré. C’est un match que je dois gagner en l’état." Croisé dans les allées du stade une heure après le match, son père Rufin n’a pas voulu entendre parler de bulletin de santé : "Son genou s’est un peu réveillé mais on ne va pas se raconter d’histoire. Je vais l’engueuler. Quand tu mènes 4-2 dans le 3e set, tu te démerdes (sic) comme tu veux mais tu ne perds pas 7 jeux d’affilée derrière. C’est inadmissible. On ne peut pas se permettre un truc pareil. On est à Roland, ici. Je ne suis vraiment pas content. Il a fait n’importe quoi."

Plus de Tricolores !

En gros Monfils, enfin le sien, n’a joué qu’avec le bras (62 fautes directes) : "J’étais très tendu, toujours sur le fil." Des mines à tire-larigot. A priori, les consignes du coach, Gunther Bresnik, qui a dû confondre son nouveau poulain avec Boris "Boum-Boum" Becker, qu’il avait révélé au milieu des années 80. Trop gros pour Rufin : "Il n’y a aucune stratégie. Gaël frappe et il voit, sans appuis, sans placement. La plupart du temps, ça sortait. On a vu ça où ? C’est quoi cette attitude ? Perdre, ce n’est pas un problème. Mais comme ça, je ne suis pas d’accord."

Investissements dans le Bitcoin, développement d’une chaîne Twitch sur le net, mariage dans un mois avec Elina Svitolina (6e mondiale), Gaël Monfils ne semble pas toujours focus sur le tennis. Fausse alerte d’après le paternel : "Alors là, non, il ne faut pas croire qu’il est passé à autre chose. Gaël bosse dur. Ce n’est pas un fainéant." C’est juste qu’il faiblit.

Shots similaires