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Gaël Monfils après son 1er tour victorieux : "On n’oublie pas qu’on est des gamins"

Tombeur d'Albert Ramos-Vinolas au 1er tour malgré un début de match très compliqué, le Français a puisé sa force dans un public de feu sur le Suzanne-Lenglen.

Gaël Monfils avait le visage d'un homme qui revient de loin. Main sur le cœur, sourire contenu mais rempli de soulagement puis un cri de rage : le Français a gagné plus qu'un match ce mardi. Il a, enfin serait-on tenté d’écrire, retrouver la direction à suivre et le sens de sa carrière. Galvanisée par un public toujours aussi friand de ses envolées tennistiques, la tête de série numéro 14 a renversé une situation bien mal partie sur le Suzanne-Lenglen pour remporter… son deuxième match en 14 mois (1-6, 7-6, 6-4, 6-4).

Mais devant un public parisien en fusion, les sensations sont forcément différentes. "Un grand merci, ça fait énormément de bien, c'est grâce à vous, merci mille fois, merci mille fois, a-t-il répété sur le court au micro de Cédric Pioline. Celui-là, on l'aurait perdu il y a un an. Et cette année on ne le perd pas". On a pourtant eu peur, et le Lenglen aussi, en assistant au début de match catastrophique de la Monf', "pire qu'un diesel", a-t-il souri. 10 minuscules points remportés, 18 fautes directes : les motifs d'espoir étaient limités.

Roland-Garros

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Adrénaline et proches au rendez-vous

Et puis, la magie a opéré. "Quand il y a 6-1, je suis déboussolé, a-t-il avoué en conférence de presse. J'ai des débuts de jeu durs, au deuxième. Et dans le deuxième, c'est à ce moment qu'il ne faut pas lâcher. Je sens qu'il ne faut pas lâcher, quoi qu'il arrive. Et le public ne lâche pas. Il est là dès le premier point de l'échauffement, il est là, il ne lâche pas, il ne lâche pas".

Vient un tie-break en forme de déclic. "Avec le public, 'on' lui met la pression, retrace-t-il. Je sens qu'il y a un public qui pousse. Ça lui met la pression, la balle de set que je gagne, il rate un truc, un peu avec le public, il a tout de suite une grosse pression. Quand je vais chercher le public à 4 partout, je joue avec énormément d'adrénaline".

Gaël Monfils (Roland-Garros 2021)

Crédit: Getty Images

Il se libère et, c'est bien connu, un Monfils libéré est un Monfils dangereux. Porté par la foule, le Français retrouve des accélérations dont il a le secret. Mais s'il a été encouragé et soutenu par un public acquis à sa cause, il a surtout joué pour lui et pour les siens. Et, à l'écouter, ça change tout. Alors qu'il avait abordé la quinzaine avec l'hypothèse de ne voir aucun proche durant le tournoi, le clan Monfils a répondu présent.

Serrer sa mère pour la première fois depuis deux ans, c’est bouleversant

"Ce qui m'a rendu le plus content, c'est de jouer devant mes deux parents, a-t-il expliqué dans un grand sourire. Mes deux parents étaient là, j'ai joué devant eux, mon frère également. Ça, ça compte. C'est énorme pour moi. Même ma tante était là, quelques cousins aussi. C'était un moment inoubliable". Tout comme le gros câlin fait à sa maman une fois la victoire en poche. "J'étais un peu transpirant mais je suis content, s’est-il marré. C'était bref. Je suis content de l'avoir vue, d'avoir pu la serrer. On n'oublie pas qu'on est des gamins. Pour ma mère, je suis un gamin. On fait un sport magnifique et on a beaucoup de chance sur plein de choses, mais on reste humain. Voir sa mère et la serrer dans ses bras pour la première fois depuis deux ans, c'est bouleversant quand même, ça fait quelque chose".

"Le public, ma famille, on ne perd pas ici, on va loin", avait-il lancé bravache sur le court après sa victoire. Oui, mais jusqu’où ? C’est toute la question. S'il est ravi d'avoir retrouvé des conditions et des sensations de jeu qu'il affectionne, tout n'est pas encore résolu. Loin de là. "Cela ne va pas venir du jour au lendemain, a-t-il avancé. Cela va passer par des défaites, des victoires, des fautes, de l'acceptation, aussi, de le faire. De temps en temps, c'est plus dur".

Sur ce premier tour, c'était mieux. S'est-il senti, à un moment du match, "comme avant" ? "Non, jamais, a-t-il balayé d’entrée. J'ai un nouvel entraîneur, j'ai une nouvelle manière de jouer, entre guillemets, une nouvelle stratégie. (…) C'est une spirale qui est longue, qui est dure. J'espère en venir à bout, progressivement. Comme j'ai dit, je ne vais pas lâcher. Je travaille pour. Il y a plein de choses qui reviennent à la normale, qui font que cela m'aide aussi". Comme celles de revoir Monfils mettre le feu à un court de tennis. Dans la vie d'après, cela reste toujours aussi "fun", selon ses propres termes, que dans la vie d'avant.

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