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EN DIRECT - Réforme des retraites : la CGT-Cheminots appelle à

Le premier ministre Édouard Philippe a précisé ce mercredi les contours de la réforme des retraites. Les syndicats restent mobilisés et appellent à des actions locales jeudi et à une manifestation nationale mardi 17 décembre.
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Le site Mon-Essence.fr, qui permet de découvrir le prix des carburants dans les stations de l'Hexagone indique que 135 stations sont en rupture totale de carburants et 360 stations sont en rupture partielle. Toutefois, la France est pour l'instant "très loin d'une pénurie" en carburant malgré les grèves, le pays puisant dans ses stocks stratégiques, a déclaré mercredi le président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP), Francis Duseux.
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"Le mécontentement et la détermination restent entiers", a indiqué peu après le discours du Premier ministre sur les retraites Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, première fédération syndicale chez les enseignants.

"Le Premier ministre confirme son projet, et on ne sait toujours pas ce qu'il propose pour compenser la fin du calcul des pensions sur les six derniers mois dans la fonction publique. Ce qu'on sait, c'est qu'il faudra travailler plus longtemps, et ça c'est non pour la FSU", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Le vice-président du Rassemblement national Jordan Bardella a estimé que les Français resteraient "perdants" dans le système de retraites à points présenté par le Premier ministre Edouard Philippe, "malgré les annonces et le ton qui se (voulaient) rassurants".

"Se référer au Conseil national de la Résistance pour mieux détricoter son héritage, il fallait oser! Malgré les annonces et le ton d'Édouard Philippe qui se veulent rassurants, cette réforme des retraites n'est toujours pas acceptable: les Français seront perdants !", a tweeté le responsable du RN et eurodéputé.

"C'est très inquiétant. Il y a des perdants à tous les étages, les enseignants et demain peut être les policiers ou les personnels hospitaliers", a abondé le porte-parole du parti et député du Nord Sébastien Chenu (RN) dans les couloirs de l'Assemblée

Yves Veyrier, secrétaire général de Force Ouvrière, réagit aux annonces d’Édouard Philippe sur BFMTV, déclarant qu’« il n’y a pas de progrès social ». « Je n’étais pas dans une logique de bras de fer, mais le premier ministre se met à dos tous les syndicats délibérément » Force ouvrière a souligné la «nécessité de renforcer la mobilisation» après le discours d'Édouard Philippe.

Interrogée sur les mesures sociales prévus par la réforme, et notamment le minimum de 1000 euros, Yves Veyrier admet « un petit plus que la situation actuelle », mais peu significatif, et souligne même un « recul » pour certaines situations comme celle des aides-soignants.

Après les annonces d'Édouard Philippe, le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Laurent Brun, appelle à "renforcer la grève" après les annonces du Premier ministre sur la réforme des retraites, qui a confirmé "le régime injuste par points", a-t-il indiqué à l'AFP.

Le discours d'Édouard Philippe détaillant la réforme n'est "pas à la hauteur de nos revendications", a regretté Didier Mathis, secrétaire général de l'Unsa ferroviaire, deuxième syndicat de la SNCF, interrogé par l'AFP.

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT a également réagi : "nous ne sommes pas du tout satisfaits des annonces du gouvernement, c'est se moquer du monde et c'est surtout se moquer de ceux qui sont en lutte aujourd'hui et de l'opinion publique qui est largement défavorable à ce projet de changement de système de retraite."

Au cours d'une longue allocution, Édouard Philippe a détaillé la réforme des retraites. Voici les principaux points abordés par le Premier ministre. 
• La mise en place d'un système par points

Le premier ministre a confirmé la mise en place d'un système de retraites par points, et non plus par trimestres. 

• La suppression des régimes spéciaux

Édouard Philippe a confirmé la suppression progressive des 42 régimes de retraite existants, dont les régimes spéciaux.

• Une retraite minimum à 1000 euros

«Nous garantirons une pension minimale de 1000 euros nets par mois pour une carrière complète au SMIC», a détaillé le premier ministre. Ce minimum de pension «sera garanti par la loi à 85% du SMIC dans la durée et évoluera comme celui-ci», a-t-il ajouté.

• Un âge légal à 62 ans et un âge pivot à 64 ans

L'âge légal de départ sera maintenu à 62 ans tandis qu'un âge pivot - c'est-à-dire un âge d'équilibre de départ -, sera instauré à 64 ans avec un système de «bonus-malus».

• Les Français nés avant 1975 pas concernés

Les travailleurs nés avant 1975 ne seront pas concernés pas le nouveau système universel, a expliqué le premier ministre. «Ceux qui entreront sur le marché du travail en 2022 intégreront le nouveau système», a-t-il annoncé.

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LIRE AUSSI - Réforme des retraites : ce qu'il faut retenir des annonces d'Édouard Philippe

Yves Lefebvre du syndicat Unités SGP Police FO se montre particulièrement mécontent des annonces d’Édouard Philippe, qui a pourtant promis que les forces de l’ordre garderaient « leurs avantages » : « le compte n’y est absolument pas » a-t-il indiqué aux journalistes de BFMTV concernant la réforme pour les policiers. « la ligne rouge est déjà franchie depuis longtemps, on est bien décidé à accentuer la pression » a-t-il poursuivi. Le policier a affirmé qu’une des versions privilégiées pour la suite, ce sont des commissariats purement et simplement fermés, avec des policiers qui feront valoir leur droit à se reposer ».

Le droit de grève est en effet interdit aux policiers, et constitue une revendication : « si on nous met dans un régime universel, alors il faut aussi nous redonner ce droit » a conclu Yves Lefebvre.

VOIR AUSSI - «Ça ne va pas calmer la colère des policiers»

Le secrétaire général d'Alliance Police Nationale a déclaré au micro de Figaro Live vouloir «amplifier» la mobilisation des policiers pour «pouvoir être entendu».

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"Allongement de la durée de cotisation, rien ou presque sur la pénibilité, toujours le flou sur les transitions... partenaires sociaux piétinés... c'est NON", s'est exclamé le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure sur le même réseau social.

Le porte-parole du Parti socialiste Rachid Temal a pour sa part brocardé "un allongement de l'âge du départ à la retraite à taux plein". "Fillon l'avait imaginé, Macron veut en faire une réalité", a-t-il ironisé.

Pour le secrétaire national du PCF Fabien Roussel, "travailler plus, pensions calculées sur des points, fin des trimestres, âge pivot à 64 ans avec malus: le PM confirme le pire".

"Je ne veux jamais être ce père qui dira à son fils que j'ai sauvé ma retraite en sacrifiant la sienne ! La lutte continue ! Il faut généraliser la grève et amplifier les manifestations jusqu'au retrait", a pour sa part tweeté le porte-parole du NPA Olivier Besancenot.
Sur BFMTV, Rémi Aufrère-Privel, de la CFDT Cheminots, a estimé qu'Edouard Philippe était "hors jeu", et que la ligne rouge était effectivement franchie. Le syndicaliste a regretté les "imprécisions" du discours du premier ministre, et s'il reconnaît que le chef du gouvernement avait montré sa "volonté de régime universel", trop d'éléments restaient encore "flous". "Il y a quelques éléments, mais il ne va pas jusqu'au bout du sujet", et des "inconsistances subsistent".

Pour autant, le représentant a salué la "résurrection du paritarisme" que symbolisait ce discours, en estimant que les organisations syndicales revenaient au centre du jeu. L'organisation va donc se réunir rapidement et définir les suites à donner au mouvement.

« Désormais, sur la suite des concertations, on a l’impression qu’on va désormais travailler sous la contrainte. On va continuer à négocier et on va réfléchir à la façon dont on va se mobiliser. En ce sens, nous allons faire le tour avec nos fédérations. Il y a aujourd’hui beaucoup d’inquiétudes, je suis assez déçu par ses mesures qui sont contraignantes, notamment sur l’âge, et qui restent floues. Ce qui a été annoncé n’est pas à la hauteur de nos revendications », a expliqué le secrétaire général de l'Unsa, Laurent Escure. « La mesure d’âge était pour nous une ligne rouge » précise le leader du premier syndicat à la RATP et numéro à la SNCF

Jean-Luc Mélenchon, président de La France Insoumise a réagi sur Twitter après l'allocution du Premier ministre Édouard Philippe : "Macron vient d'instaurer la retraite à 64 ans". "Ceux qui ont 15 ans sont condamnés au système par point. Les autres sont jetés dans un labyrinthe illisible et piégeux. Les retraites des grands patrons et les privilèges des assurances privées sont maintenus. Injuste et inéquitable".

Macron vient d'instaurer la retraite à 64 ans. Ceux qui ont 15 ans sont condamnés au système par point. Les autres sont jetés dans un labyrinthe illisible et piégeux. Les retraites des grands patrons et les privilèges des assurances privées sont maintenus. Injuste et inéquitable.

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) December 11, 2019

« Ça nous paraît être le bon système pour équilibrer le régime », a déclaré le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, à la sortie des annonces d’Edouard Philippe. « Tout ça nous paraît aller dans le bons même s’il y a des questions qui demeurent notamment sur les complémentaires Agirc-Arrco. Le système à points existe dans le privée et il fonctionne, il faut donc désormais avancer. On pense que c’est un bon équilibre avec une réforme qui est redistributive aussi bien pour les personnes bénéficiant d’une petite retraite que pour les agriculteurs, les artisans et bien d’autres. Et bien évidemment, il faut financer cela et quand c’est possible il faut donc travailler plus ».

A l'occasion de sa prise de parole au CESE, Édouard Philippe a dit sa «solidarité» avec les personnes qui pâtissent du mouvement de grève actuel, notamment dans les transports publics.  Les propositions du gouvernement français faites mercredi sur la réforme des retraites «justifient» que la grève et les manifestations contre le projet qui secouent la France depuis une semaine cessent, a-t-il estimé. «Il me semble que les garanties données aux populations les plus inquiètes justifient que le dialogue reprenne et que la grève qui pénalise des millions de Français s'arrête», a déclaré le premier ministre.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, s'est exprimé après l'intervention d'Édouard Philippe. «Il y avait une ligne rouge à ne pas franchir, celle de combiner le changement de calcul du système et le fait de travailler plus longtemps. Cette ligne rouge a été franchie», a regretté le leader syndicat. «Ce n'est pas parce qu'on nous montre un chemin dont on aurait soi-disant les manettes» qu'il est plus acceptable, a-t-il ajouté. La CFDT note également "beaucoup d'insuffisances" dans les mesures sociales du gouvernement, «notamment sur la pénibilité».

Le bureau de la CFDT va donc se réunir dans la journée pour «décider des actions» à mener dans les jours à venir. Pour Laurent Berger, la réforme a été lestée par «un angle budgétaire accru», qui en a limité la construction.

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Laurent Berger très mécontent à la sortie du discours du premier ministre au #CESE. La @CFDT réunit son bureau national cet après-midi

— Marie-Cécile Renault (@Firenault) December 11, 2019

Un peu plus d'un cheminot sur six (15,5%) était en grève contre la réforme des retraites mercredi matin à la SNCF, avec près des trois quarts des conducteurs (73,5%) et la moitié des contrôleurs (49,9%) grévistes, a annoncé la direction. Parmi les personnels indispensables à la circulation des trains, 20,2% des aiguilleurs étaient en grève. La mobilisation est en baisse par rapport à mardi mais reste  particulièrement forte chez les agents de conduite.

Le projet de loi sur la réforme des retraites sera présentée au conseil des ministres le 22 janvier 2020, a indiqué Édouard Philippe et sera discuté au Parlement à partir de fin février 2020.

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Le gouvernement assume de «prendre du temps» pour travailler ce dossier. En 2022, de «nouveaux droits seront mis en place et les nouveaux entrants sur le marché du travail» seront affiliés au nouveau régime. Les autres prendront plus de temps : les générations à dix-sept ans de la retraite n'entreront qu'en 2025.

Le chef de l'exécutif «s'inscrit dans le temps long», et se dit «totalement déterminé à mener à bien une transformation» qu’il croit «profondément juste». Il ne «mésestime pas la complexité de la réforme», et conclut en résumant son projet simplement : «nous transformons progressivement le système des retraites des Français», vers un autre, «plus fort car il repose sur la solidarité» entre les citoyens, «plus simple» car chaque euro compte dans le calcul des pensions, et «plus juste» car les règles seront les mêmes pour tous et la solidarité plus forte envers les plus faibles. 

Edouard Philippe se félicite également de plusieurs «nouvelles avancées sociales», dont le fait de «marquer la solidarité nationale» envers les agriculteurs, ou l'extension de la «pénibilité aux trois fonctions publiques». En parallèle, ce système sera assis sur «des bases financières solides, en travaillant un peu plus longtemps et en mettant fin aux régimes spéciaux». Le changement sera bâti «progressivement», avec les organisations syndicales, a-t-il précisé.

«Nous nous proposons d'être fidèles à cet idéal français, de rebâtir le pacte entre les générations sur le principe de solidarité pour tous les travailleurs». Une transformation qui n'est «pas un saut dans l’inconnu, mais un retour aux sources de notre République», considère le premier ministre. Le temps est bien venu de construire un système universel de retraite.

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« Je suis attentif à la situation des aides-soignants. Nous savons tous ce que l’hôpital leur doit, près de deux tiers resteront au régime actuel. Nous prendrons les mesures nécessaires à une transition qui prennent en compte leur travail. nous mettrons en place un temps partiel en fin de carrière » a-t-il notamment déclaré.

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Le premier ministre s’est ensuite promis de « construire des transitions spécifiques pour les artisans, les indépendants, les professions libérales. La réforme de la CSG et de la cotisation vieillesse sera mise en oeuvre au 1er janvier 2022. Nous accepterons des modalités douces de convergence vers le régime général ». Enfin Édouard Philippe a mentionné le problème des réserves financières de certaines professions : « j’ai parfaitement entendu les craintes des libéraux sur le sujet des réserves. Elles resteront dans les caisses des professions concernées (auxiliaires médicaux, avocats, etc.). »

En ce qui concerne les enseignants, Édouard Philippe dit « inacceptable que les enseignants perdent le moindre euro de pension ». « Nous inscrirons dans la loi le principe selon lequel le niveau de retraite sera sanctuarisé et comparable aux autres métiers de la fonction publique ». « Nous engagerons les mesures pour maintenir la revalorisation des pensions » promet-il enfin.
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Les forces de l’ordre, pompiers, gardiens de prison garderont leurs avantages particuliers, promet le premier ministre : "le président de la République disait que le système universel ne signifiait pas la négation de toute spécificité". Edouard Philippe confirme donc aux forces de sécurité que "ceux exposés aux missions dangereuses", dans le cadre de leurs missions régaliennes, conserveront leurs avantages.

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Le premier ministre parle désormais de la transition vers le nouveau système. «Le rythme doit éviter l’écueil de la procrastination et de la précipitation», estime-t-il, reconnaissant un «défi considérable» qui peut «inquiéter». Il se dit néanmoins confiant, citant l'exemple de la transformation réussie vers le système de prélèvement à la source.

«Le système à points une fois lancé sera simple, pratique. Qui peut dire, aujourd'hui, que le système de retraite actuel, où prévalent un grand nombre de polypensionnés, serait simple, lisible, équitable ? Je ne crois pas que nous devions avoir nécessairement peur de ce que le futur nous réserve. Nous pouvons organiser une transition réussie», veut-il croire.

D'abord, «100% des droits acquis» dans l'ancien régime seront conservés dans le nouveau. L'Etat est «prêt à mettre en place des régimes très protecteurs» pour garantir les droits des professions où le calcul se fait sur les six derniers mois de la carrière.

Ensuite, «dès l'an prochain», la gouvernance du système sera transmise aux partenaires sociaux, qui devront «définir une trajectoire de retour à l’équilibre et la maintenir».

Reconnaissant la difficulté d'établir un âge d'équilibre à 64 ans rapidement, le premier ministre souhaite «bien distinguer dans le temps la préparation de la réforme et le retour à l'équilibre» du système, sans pour autant «fuir [ses] responsabilités» sur ce dernier sujet. Il propose donc de mettre en place la gouvernance dès l'an prochain, au plus tard le 1er janvier 2021. L'âge d'équilibre devra être mis en place en 2027. Le système de bonus/malus visant à pousser les Français à travailler davantage sera également défini par les partenaires syndicales.

«Quant aux personnes qui rejoignent le nouveau régime : la transition sera très progressive. Toute la carrière jusqu’à 2025 sera dans l’ancien système, ensuite le nouveau régime à points sera utilisé pour le calcul. J’en prends le pari : beaucoup qui verront les avantages du nouveau système trouveront que ça ne change pas assez vite ! » a assuré Édouard Philippe.

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Sur la transition vers le nouveau système, Édouard Philippe a d’abord cité trois impératifs : «d’abord respecter les projets de vie de chacun : on ne se projette pas de la même manière dans sa retraite à 30 ans et à 55 ans. Ensuite, respecter le contrat social qui lie une personne à une organisation. On ne peut pas rebattre les cartes brutalement. Enfin, respecter les équilibres économiques de professions qui se sont construites avec un niveau de cotisation donné ». « Nous avons respecté ces trois impératifs » assure le chef du gouvernement.

«Ceux qui entreront sur le marché du travail en 2022 intégreront le nouveau système. La génération 2004 sera la première à intégrer le système universel de retraites dès son premier travail» a-t-il annoncé. «Pour les personne déjà dans la vie active, nous ne changeons rien pour celles qui sont à 17 ans de la retraite, c’est-à-dire les personnes nées après 1975 pour la régime général.»

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«La responsabilité, c’est certes travailler un peu plus, mais c'est aussi entendre les organisations syndicales, qui demandent de protéger les salariés qui ne peuvent pas travailler aussi longtemps que les autres». Les personnes ayant commencé à travailler tôt, «avant 20 ans», pourront donc partir deux ans avant les autres, annonce Edouard Philippe.

En parallèle, le «futur système prendra également en compte ceux qui ne peuvent travailler» aussi longtemps que les autres à cause de conditions de travail éprouvantes. La pénibilité sera donc mieux prise en compte, «selon des critères qui seront les mêmes pour tous», précise le premier ministre. «Le compte pénibilité sera ouvert à la fonction publique», notamment à l’hôpital, et les métiers «usants» pourront partir deux ans avant les autres. Le seuil de travail de nuit sera également abaissé.

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« C’est un fait, il y avait quatre actifs pour un retraité, alors qu’il n’y en a plus qu’1,7 aujourd’hui » a commencé le premier ministre pour aborder le sujet de l’âge de la retraite. « Je crois au langage de vérité » a-t-il poursuivi, citant Pierre Mendès-France, Michel Rocard, Charles de Gaulle ou encore George Pompidou. « Je crois que les Français reprendront confiance en nous si nous leur disons la vérité : pour garantir les pensions, pour profiter de la hausse de l’espérance de vie, la seule solution c’est de travailleur un peu plus longtemps, et progressivement » a-t-il déclaré.

« Nous maintiendrons l’âge légal de la retraite à 62 ans. C’est un principe de liberté auquel nous voulons rester fidèles. Mais nous allons devoir inciter les français à travailleur plus longtemps. Au-dessus de l’âge légal, nous mettons en place un âge d’équilibre avec un système de bonus malus : 64 ans en 2025 pour atteindre l’équilibre. Ce sera d’ailleurs l’âge moyen auquel les salariés partiront à la retraite dans cinq ans » a déclaré Édouard Philippe.

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Pour les hauts revenus, le premier ministre a rappelé que « jusqu’aux 120.000 euros de revenus annuels, tout le monde cotisera au même taux ». «Au-delà, les plus riches paieront une cotisation de solidarité plus élevée, qui financera des droits pour tout le monde».

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«Les Français qui ont des carrières heurtées ne seront plus pénalisés» : ils disposeront de points alloués pour «compenser les périodes de chômage et de maladie». L'ancien système, et le seuil de 150 heures travaillées par trimestre restera donc «comme un vestige peu glorieux» de l'ancien régime. «Chaque heure travaillée permettra d’acquérir des points, et donc des pensions».

De plus, «les femmes seront les grandes gagnantes du nouveau système», affirme l'occupant de Matignon. «Aujourd’hui, elles ont une pension inférieure» aux hommes, en majorité. «Qui peut l’accepter ? personne. Mais ça fait longtemps que cela dure», regrette-t-il. «Nous avons l’occasion d’y remédier», par deux voies. «D’abord, évidemment, par un rattrapage sur les salaires», un «chemin qui sera long». Ensuite, par le nouveau système universel, qui «accordera des points supplémentaires» dès le premier enfant, 5%, accordés à la mère, «sauf choix contraire des parents», annonce Édouard Philippe. Les familles de trois enfants et plus bénéficieront également de 2% supplémentaires.

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En parallèle, le système des reversions «sera préservé et amélioré», en garantissant au conjoint survivant 70% des ressources du couple.

«Nous pourrons abaisser la borne des 67 ans qui est la borne d’annulation de la décote», explique Édouard Philippe, qui regrette que 80.000 femmes chaque année «sont contraintes d’atteindre 67 ans pour liquider leur retraite, car elles n’ont pas suffisamment travaillé». Il affirme donc que le nouveau système sera «plus juste pour les femmes».

Première nouveauté dans le discours de @EPhilippePM : un bonus de 2% à partir de 3 enfants, en plus du bonus de 5% par enfant dès le premier enfant ... c’est bien qu’ils ont reconnu qu’il y avait une injustice pic.twitter.com/0OpqYeJQkR

— Marie-Cécile Renault (@Firenault) December 11, 2019

Le premier ministre a cité plusieurs formes modernes de travail, et le fait que « les études sont de plus en plus longues, les carrières sont parfois heurtées, le temps partiel s’est développé ». « C’est le monde dans lequel nous vivons. Nous devons donc construire la protection sociale du XXIème siècle en prenant mieux en compte la précarité » a-t-il poursuivi.

«Le système universel permettra de mieux protéger les Français les plus fragiles. Nous garantirons une pension minimale de 1000 euros net par mois, pour une carrière complète au SMIC. Le minimum sera garanti à 85% du SMIC dans la durée et évoluera comme ceci. »

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"La mise en place d’un système universel implique la suppression des régimes spéciaux", poursuit Edouard Philippe. "De nombreux salariés SNCF/RATP contestent cette suppression", mais le projet du gouvernement "renoue d’une certaine façon avec le fil de l’histoire : en 1945, lors des ordonnances Parodi, le système conçu prévoyait l’universalité". L'exécutif va donc "aller jusqu’au bout de la logique initiale".

"Je le dis avec tranquillité, avec calme, avec détermination, avec respect pour les organisations syndicales, pour les travailleurs, pour ceux qui choisissent de travailler malgré la grève : le temps du système universel est venu, celui des régimes spéciaux s’achève", assène le chef du gouvernement.

Nous mettrons fin aux régimes spéciaux. Nous le ferons progressivement, sans brutalité et dans le respect des parcours individuels. #retraites https://t.co/yUvqWW8Hck

— Edouard Philippe (@EPhilippePM) December 11, 2019
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"La confiance sera plus forte s’il n’y a pas d’exception à l’universalité du régime" a spécifié le premier ministre, qui assure que la retraite sera basée sur le même système "pour le chercheur ou l’écrivain, pour le député ou le conducteur de train. Ce sera notamment le cas pour le personnel politique" a-t-il précisé. "Les élus, les ministres seront traités exactement comme tous les Français, c’est normal, et si vous voulez mon sentiment, c’est très bien ainsi".

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« Ce sera un système en points » confirme Édouard Philippe. « Nous nous engageons à ce que la valeur du point soit fixé sous le contrôle du parlement, par les partenaires sociaux, c’est un signe de transparence et de confiance »

« La Loi prévoira une indexation progressive mais sur les salaires, qui augmentent plus vite que l’inflation » a-t-il ajouté. Une "règle d'or" permettra également de s'assurer que la valeur du point ne pourra pas baisser.

> LIRE AUSSI : En Suède, les pensions ont-elles baissé après l’instauration de la retraite par points?

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Le premier ministre Edouard Philippe, ce 11 décembre.Thomas SAMSON / POOL / AFP

«Je ne veux pas, dans la France d’aujourd’hui, fragmentée, hésitante entre optimisme et déclinisme, entrer dans la logique du rapport de force», ajoute le premier ministre, qui refuse la «rhétorique guerrière» du rapport de force. Il fustige également le «réflexe facile» qui consiste à chercher des boucs émissaires.

«J’entends aussi les inquiétudes qui s’expriment, depuis plusieurs jours», dans la rue, dit Edouard Philippe, qui précise les «comprendre». «Nos arguments butent sur le même mur de la défiance. En toute sincérité, je le dis aux Français qui s’interrogent sur notre projet : nous sommes peut-être en désaccord sur certains points mais l’ambition du gouvernement est celle de la justice sociale». L'exécutif n'a "pas d'agenda caché" et ne cherche «pas de petites économies ici ou là», assure-t-il, promettant une «transformation respectueuse des intérêts de chacun».

«Le président de la République, après la crise des gilets jaunes, nous a invités à changer de méthode». Le premier ministre souhaite donc «sortir des raccourcis et des caricatures : la question n’est pas de savoir si le gouvernement va tenir, si les syndicats vont gagner. Il n’y aura ni vainqueurs, ni vaincus. Nous voulons que les Français gardent la tête haute et qu’ils se rassemblent autour des principes d’universalité, d’équité et de responsabilité» portés par le projet.

«La France d’aujourd’hui, comme celle de 1945, veut être une France de solidarité. Une France ou les travailleurs payent fièrement la retraite de leurs parents, en sachant que quand viendra leur tour, leurs enfants les aideront», a continué le premier ministre. « Gouvernement, élus, syndicats, patronat, nous tous qui sommes réunis ici aujourd’hui, nous nous retrouvons dans ce consensus. La France n’a pas fait le choix du chacun pour soi et du tant pis pour les autres. Nous ne voulons pas confier le soin de nos anciens à l’argent roi » a martelé Édouard Philippe.

« Pour mettre un terme à la sémantique guerrière, je voudrais dire que cette réforme n’est pas une bataille » a-t-il ensuite voulu préciser. « Je connais la culture de la lutte, et je la respecte. Je sais ce que dans notre histoire, la lutte syndicale a permis d’obtenir. Mais je ne veux pas ; dans la France fragmentée d’aujourd’hui, entrer dans la logique du rapport de force. Je ne veux pas de ce rapport de force » a-t-il affirmé.

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Le premier ministre Edouard Philippe, ce 11 décembre.Thomas Samson/Pool via REUTERS
«Le temps est venu de construire un système universel de retraite. Le président de la République l'a annoncé pendant sa campagne», commence Édouard Philippe. «Depuis deux ans», la concertation a lieu, avec les syndicats et citoyens. «Nous les avons écoutés, nous les avons entendus», ajoute-t-il. «Au-delà des désaccords qui demeurent», il remercie les participants au débat public sur les retraites.

«Nous proposons un nouveau pacte entre les générations», un pacte «fidèle» à celui que les gouvernements de l'après-guerre ont mis en oeuvre. «Il en refonde profondément les règles pour en corriger les injustices», mais garde son esprit, précise-t-il.

Le taux de grévistes mesuré ce matin par la SNCF s’établit à 15,5%. Dans le détail, 73,5% des conducteurs, 49,9% des contrôleurs et 20,2% des aiguilleurs participent à la mobilisation. Au premier jour du mouvement, le 5 décembre, le taux d'employés de la compagnie en grève était de 55,6%.
Cohue, bousculade, temps d'attente importants... La matinée n'a pas été de tout repos pour les franciliens désireux de se déplacer.

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Dix minutes avant le début du discours du premier ministre, notre journaliste sur place, Marie-Cécile Renault, constate que "l'hémicycle du Cese se remplit".

L’hémicycle du #CESE se remplit pour assister au discours du premier ministre ⁦@EPhilippePM⁩ sur les #retraites pic.twitter.com/vW2TrjJOpA

— Marie-Cécile Renault (@Firenault) December 11, 2019

Edouard Philippe a précisé qu'il avait choisi de faire sa déclaration dans ce lieu car il "représente les organisations syndicales et patronales et que c'est sa fonction d'être la chambre du dialogue social".

#Retraites Je présente aujourd’hui le projet du Gouvernement au Conseil économique, social et environnemental. Pourquoi @lecese ? Parce qu'il représente les organisations syndicales et patronales et que c’est sa fonction d’être la chambre du dialogue social. Rendez-vous à midi.

— Edouard Philippe (@EPhilippePM) December 11, 2019
Quelques minutes avant l'allocution d'Edouard Philippe, Le Figaro vous propose une sélection d'articles permettant de mieux comprendre la réforme et ses enjeux.

Que contient le rapport Delevoye?

Présenté en juillet, le rapport de Jean-Paul Delevoye constitue une base de «préconisations» pour le gouvernement, afin de dresser des pistes de transformation du système des retraites. Rien n'indique que l'exécutif reprendra l'ensemble des idées fournies, toutefois.

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Un point de vocabulaire sur la réforme

Âge pivot, clause du grand-père, pension de réversion... De quoi parle-t-on exactement ? Le Figaro vous propose des explications sur certains des termes les plus entendus sur les retraites.

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Pourquoi avoir confié ce dossier à Jean-Paul Delevoye ?

Député, maire, conseiller général, président de l'association des maires de France, ministre... Jean-Paul Delevoye a multiplié les casquettes, au cours de sa carrière politique. Nommé Haut-commissaire chargé du dossier des retraites par Emmanuel Macron en septembre 2017, il suscite aujourd'hui des crispations au sein de la majorité présidentielle. Explications.

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Que veulent les syndicats?

Les organisations syndicales sont divisées sur la réforme à venir. Un grand nombre se sont unies, jeudi et mardi, pour établir un front commun face au gouvernement, mais la CFDT, la CFTC et l'Unsa soutiennent le principe d'un régime universel par points, quand la CGT, FO, la FSU et Solidaires y sont opposés.

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Quelles professions s'opposent à la réforme?

De l'éducation aux transports ferroviaires, en passant par les avocats, la police ou l'hôpital, la réforme des retraites suscite l'inquiétude de nombreuses professions. Inventaire.

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Que devrait annoncer le gouvernement la semaine prochaine?

Ces derniers jours, l'exécutif a semblé lâcher du lest sur certains points de la réforme, afin d'apaiser la colère des opposants. Des «marges de négociation avec les organisations syndicales» demeurent, a précisé la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. Des concessions pourraient notamment être annoncées sur les mesures d'économies attendues, ou sur la date d'application effective de la réforme. Edouard Philippe a cependant prévenu qu'il n'y aurait pas "d'annonces magiques" permettant de stopper la contestation.

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Comme nous le montre notre journaliste sur place Stanislas Poyet, la mobilisation des policiers ce mercredi matin devant le Conseil Économique Social et Environnemental est encadrée par des forces de gendarmerie. Certains policiers scandent : "les gendarmes, avec nous!".

Who is watching the Watchmen ? La gendarmerie bien sûr ! cc @pierresautreuil @Le_Figaro pic.twitter.com/cFPV1LgVzI

— Stanislas Poyet (@stanislas_poyet) December 11, 2019
A l'approche des annonces du premier ministre, la CFDT et l'Unsa restent sur le qui-vive. Pour le secrétaire général adjoint de l'Unsa, Dominique Corona, interrogé sur Cnews, le gouvernement aurait pu préciser ses plans "bien plus tôt" : "depuis septembre, on dit au premier ministre qu'il faut parler, rassurer les Français". Le représentant regrette les concertations qui n'ont pas permis d'apporter des réponses précises aux inquiétudes des citoyens, ainsi que les "couacs" et le flou global de la réforme : "si c'est flou, c'est qu'il y a un loup", a-t-il estimé.

L'Unsa va rester dans la négociation avec le gouvernement jusqu'à la fin "car on ne va pas laisser les salariés seuls" face à l'exécutif. L'organisation soutient l'idée d'une transition longue, estimant qu'il "faut du temps", pour faire converger les régimes spéciaux avec le régime général. Il attend également les annonces du chef de la majorité sur la prise en compte de la pénibilité, et souhaite savoir quelle sera la place des partenaires sociaux dans la définition de la valeur du point. "Trouvons un équilibre, mais ne laissons pas les clés du camion à Bercy", termine-t-il.

«Il faut parler, il faut rassurer les Français», explique Dominique Corona, le secrétaire général adjoint UNSA, à quelques heures des annonces d'Edouard Philippe sur la réforme des retraites dans #LaMatinale pic.twitter.com/XVCFwmh9nO

— CNEWS (@CNEWS) December 11, 2019
De son côté, la CFDT a présenté clairement ses attentes au gouvernement, et a dessiné plusieurs lignes rouges qui la forceront à se mobiliser en janvier, en cas de franchissement. "La CFDT continue d'appeler à aller au bout du match de la concertation", déclarait Laurent Berger au Figaro début décembre, tout en répétant son opposition catégorique à toute réforme paramétrique. "On ne peut pas demander aux gens de changer de système, ce qui est naturellement angoissant, et leur dire qu'ils vont parallèlement devoir faire des efforts", tançait-il alors. Attentif, le syndicat a prévenu à plusieurs reprises qu'il pourrait basculer dans l'opposition, si les annonces du gouvernement vont à l'encontre de ses préconisations.

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David-Olivier Reverdy, secrétaire général adjoint pour la province du syndicat Alliance Police, témoigne auprès du Figaro : "petit à petit, l'administration rogne. Rogne sur le travail, sur les équipements, sur l'humain, sur tout. Et aujourd'hui on touche au sacro-saint qui est notre statut de retraite. On est rentré dans la police avec un statut particulier, et on entend qu'il perdure, parce que les risques aujourd'hui sont exponentiels".

David-Olivier Reverdy, secrétaire général adjoint pour la province de @alliancepolice : "on touche au sacro-saint, nos retraites, (...) alors que les risques sont exponentiels" pic.twitter.com/leK0yiiODQ

— Stanislas Poyet (@stanislas_poyet) December 11, 2019
"On est une profession extrêmement touchée dans notre chair en interne, par rapport aux suicides, [...] par rapport à une certaine population lorsque l'on est sur la voie publique. [...] On demande de la reconnaissance, pas ce mépris là. Les Français nous soutiennent".

David-olivier Reverdy, secrétaire national adjoint pour la province @alliancepolice s'insurge contre le "mépris" du gouvernement et assure d'un soutien de la population française. pic.twitter.com/8gFfiSeNUf

— Stanislas Poyet (@stanislas_poyet) December 11, 2019
Alors que des grévistes ont bloqué sept des huit raffineries françaises, hier, selon la CGT, la préfecture de Paris rassure les automobilistes franciliens, en précisant que le mouvement social "n'engendre pas en l'état de défaut d'approvisionnement des stations-service" dans la région. 62 stations sur 894 sont en rupture totale ou partielle d'approvisionnement, un nombre qui correspond "aux conditions habituelles d'approvisionnement des stations-service, dans un contexte où les automobilistes utilisent davantage leur véhicule personnel".

Toutefois, afin d'éviter les bouchons, la préfecture conseille aux usagers de ne pas se servir de leur voiture "dans la mesure du possible" ou d'avoir recours au covoiturage.

Les stations services d'Ile-de-France sont en capacité d'approvisionner l'ensemble des automobilistes. Il est néanmoins conseillé aux franciliens de réduire leurs déplacements et, en cas de nécessité, d'avoir recours au co-voiturage, autorisé sur certaines voies réservées. pic.twitter.com/kRv8pVJxRD

— Préfecture de Police (@prefpolice) December 10, 2019

Dans l'ensemble du pays, "l'approvisionnement des stations-service est assuré normalement", précise également le ministère de la Transition écologique et solidaire. De son côté, l'Union des industries pétrolières (Ufip) a déclaré que la France était "loin, très très loin d'une pénurie ou d'une crise majeure". Pour l'heure, "toutes les raffineries fonctionnent", et des "stocks stratégiques" de pétrole ont été débloqués. 300 stations sont en "défaut", sur les 11.000 que compte l'Hexagone, et il n'y a "pas de point chaud".

La CGT, quant à elle, tiendra "une conférence téléphonique" mercredi, après les annonces d'Edouard Philippe, afin de "faire le point" sur la mobilisation. Elle n'exclut pas une mise à l'arrêt des installations, si les déclarations ne satisfont pas ses demandes.

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A l'appel d'une intersyndicale rassemblant l'UNSA Police, Alliance Police et Unités SGP Police, une manifestation prend actuellement forme devant le CESE, d'où Édouard Philippe doit prendre la parole ce midi, pour présenter la réforme du système de retraites. La mobilisation doit être l'occasion de rappeler le «refus de toute réforme du statut des policiers et la préservation des acquis pour les personnels administratifs, techniques et scientifiques», pour les syndicats de policiers. Notre journaliste Stanislas Poyet dénombre plusieurs centaines de personnes déjà présentes.

Plusieurs centaines de personnes devant le palais d'Iéna pour la manifestation des policiers. Le syndicat @alliancepolice a déployé son ballon @Le_Figaro pic.twitter.com/EXAzupzWW1

— Stanislas Poyet (@stanislas_poyet) December 11, 2019

Manifestation #retraites de la police sous l'intersyndicale @UNSAPOLICE @alliancepolice et @UNITESGPPOLICE avant le discours d'Edouard Philippe au Conseil économique social et environnemental #greve #reformeretraites #police pic.twitter.com/wIi84kJ74i

— Thibault Izoret (@TIM_7375) December 11, 2019
L'exécutif présentera ce mercredi les contours de sa réforme des retraites, après plusieurs années de réflexion.

2017 : Delevoye nommé haut-commissaireJean-Paul Delevoye a été nommé haut-commissaire à la Réforme des retraites le 14 septembre 2017, quelques mois après l'élection d'Emmanuel Macron. A l'époque, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, expliquait que l'objectif de la réforme était de "mettre en place un système universel de retraites par répartition et que ce système garantisse l'égalité de tous devant le risque vieillesse, pour faire en sorte d'un euro cotisé donne à tous les mêmes droits à pension".

septembre 2017 - juillet 2019 : deux ans de concertationDepuis sa nomination, le haut-commissaire a mené une longue période de concertation avec les citoyens, d'une part, et les partenaires sociaux d'autre part. Cette dernière s'est déroulée via des ateliers en région, une consultation en ligne, ainsi que des rencontres avec les organisations et secteurs concernés.

Juillet 2019 : remise du rapport DelevoyeLe 18 juillet 2019, le haut-commissaire à la réforme des retraites a présenté ses préconisations pour la future réforme des retraites. A l'époque, il conseillait notamment d'établir un "âge d'équilibre" à 64 ans, et de mettre en place la réforme à partir de la génération 1963. Selon lui, ses transformations permettraient de mettre le système à l'équilibre dès 2025. D'emblée, le gouvernement précisait toutefois que rien ne le forçait à reprendre toutes les pistes avancées par Jean-Paul Delevoye.

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Septembre 2019 - Décembre 2019 : nouvelle période de discussionsMi-septembre, Jean-Paul Delevoye a ouvert une nouvelle période de concertation avec les partenaires sociaux, pour discuter des points d'accord et de désaccords qui subsistent. De leur côté, plusieurs organisations ont critiqué une seconde période inutile, considérant qu'elle ne servait qu'à mettre en scène l'idée que le gouvernement était à l'écoute.

5 décembre : les syndicats augmentent la pressionRépondant à l'appel de nombreuses organisations, dont la CGT, FO, l'Unef, l'UNL ou encore Solidaires, 806.000 personnes ont défilé en France le 5 décembre contre la réforme des retraites, selon le ministère de l'Intérieur (1,5 million selon la CGT). Le même jour, une grève très suivie débute dans les transports publics. "Il s'est passé quelque chose", s'est félicité le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, qui a estimé que le "monde du travail était dans la rue".

9 décembre : le gouvernement conclut sa concertationLundi, Jean-Paul Delevoye a expliqué qu'il était "convaincu que le statu quo n'était pas tenable" et que la réforme était "indispensable". Il a également souligné que plusieurs propositions faisaient consensus, comme le maintien de l'âge légal à 62 ans ou la garantie, inscrite dans la loi, que la valeur du point ne pouvait baisser. D'autres sujets, toutefois, suscitaient le désaccord des syndicats, comme "l'entrée en vigueur du nouveau système" dès 2025 ou la création d'un "âge d'équilibre" à 64 ans.

10 décembre : nouvelle journée de mobilisationMoins suivie que la première, la seconde journée d'actions a rassemblé 339.000 manifestants dans l'Hexagone, soit deux fois moins que le jeudi d'avant.

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11 décembre : présentation de la copie de l'exécutifAprès plus de deux ans de travail, Edouard Philippe présentera enfin, ce mercredi à midi, les contours définitifs de la réforme. Il n'y aura "pas d'annonces magiques" permettant d'arrêter la contestation, a d'ores et déjà prévenu le chef de la majorité.

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Sur LCI, le chef de file des sénateurs LR a dénoncé le choix attendu du gouvernement de décaler l'application de la réforme dans le temps. "On comprend que ce n'est pas en 2035 mais en 2037, c'est-à-dire la génération de 1975, à laquelle pourrait s'appliquer la réforme" pour le secteur privé. En face, les régimes spéciaux bénéficieraient, selon plusieurs médias, d'une application plus tardive, pour la génération de 1985. "Alors ça, c'est le pompon", s'insurge l'élu, qui y voit une "double injustice" : celle pour les jeunes entrant, face aux plus âgés ; et celle entre le secteur privé, soumis au régime général, face aux régimes spéciaux.

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L'élu s'inquiète d'un "compromis recherché par le gouvernement" qui équivaut à "acheter la paix sociale". "Cette réforme, c'est délais et déficits", a-t-il critiqué : "ils vont créer un machin, un établissement public, et l'objectif, c'est, en quelque sorte, de nationaliser les 160 milliards d'euros de réserves des régimes privés, faute d'avoir eu le courage de réformer".

Le sénateur, qui ne "soutient pas la grève", défend toujours un "vrai service minimum dans les transports publics" : "un pays moderne, c'est, bien sûr, oui au droit de grève, mais un droit de grève qui supporte des limitations, comme dans tous les pays". Bruno Retailleau estime que le droit de ne pas travailler n'est "pas absolu", et il propose qu'un tiers du trafic soit assuré par la loi, aux heures de pointe, le matin comme le soir.

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Le vice-président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a estimé mercredi matin que le gouvernement allait procéder dans sa réforme des retraites à des "ajustements" de forme, mais que sur le fond, "rien ne changera". "Il y a simplement un (ajustement) de forme en lien avec le contexte social mais c'est un petit peu +cinq minutes de plus monsieur le bourreau+. Sur le fond de la réforme, le bourreau est là: c'est travailler davantage pour gagner moins", a déclaré l'eurodéputé, qui demande le "retrait" de la réforme et "n'attend pas grand chose" des modalités présentées dans quelques heures par Édouard Philippe. "Sur le fond de la réforme rien ne changera", "on sait qu'il faudra travailler davantage" et "il y aura bien un âge pivot à 64 ans", a déploré le responsable du RN.

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Ce mercredi, plusieurs partis de gauche vont tenter de mobiliser contre la réforme des retraites, à Saint-Denis. Un meeting commun doit avoir lieu ce soir à la Bourse du Travail, réunissant notamment le PCF, La France Insoumise, EELV, Lutte Ouvrière, Génération.s ou encore le NPA. Le Parti socialiste sera également présent, a indiqué ce matin son premier secrétaire, Olivier Faure.

Réunis à l'initiative du Parti communiste, les partis doivent manifester leur désaccord avec la réforme du gouvernement, et présenter en parallèle des contre-projets. Les têtes pensantes du PCF, Ian Brossat et Fabien Roussel, souhaitent "ardemment" un retour de l'union de la gauche face au gouvernement. Un "espoir" auquel les deux hommes veulent croire, sur le long terme.

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Dans le métro parisien, le trafic reste encore fortement perturbé et les quelques lignes qui fonctionnent sont bondées ce mercredi matin.

À la descente du métro 8 (terminus Reuilly-Diderot) : les voyageurs se dirigent vers la ligne 1 automatique #greve11decembre pic.twitter.com/BL4hDnJuYK

— Guillaume Poingt (@guillaumepoingt) December 11, 2019

Situation actuelle pour aller de la ligne 8 à la ligne 1.... Déconseillé aux claustrophobes vraiment #greve11decembre pic.twitter.com/cQmVMCEGLA

— Guillaume Poingt (@guillaumepoingt) December 11, 2019
Dix lignes sont complètement interrompues, à savoir les lignes 2, 3, 3bis, 5, 6, 7bis, 10, 11, 12 et 13. Quelques trains circulent sur les lignes 4, 7, 8 et 9, mais plusieurs stations sont fermées. Les tramways sont un peu moins impactés, avec au moins la moitié du trafic assuré sur toutes les lignes.

À Châtelet, le groupe vit bien ça fait plaisir

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