Le Sénat s'attaque aux dérives de l'écriture inclusive

Publié il y a 7 heures, Mis à jour il y a 7 heures
Une proposition de loi de la sénatrice Les Républicains Pascale Gruny prévoit de bannir ce qu’on qualifie parfois de rédaction épicène «dans tous les cas où le législateur exige un document en français». Son texte sera discuté le 30 octobre par la Haute Assemblée.
Les sénateurs ont adopté, le 25 octobre, en commission une proposition de loi visant à «protéger la langue française des dérives de l'écriture dite inclusive», avant un examen lundi 30 octobre dans l'hémicycle, qui risque de réveiller les clivages. Le texte de la sénatrice Les Républicains Pascale Gruny prévoit de bannir l'écriture inclusive «dans tous les cas où le législateur (et éventuellement le pouvoir réglementaire) exige un document en français», comme les modes d'emploi, les contrats de travail ou autres règlements intérieurs d'entreprises, mais aussi les actes juridiques. Tous ces documents seraient alors considérés comme irrecevables ou nuls.
Les sénateurs se sont également prononcés pour l'interdiction des mots grammaticaux constituant des néologismes tels que «iel», une contraction de «il» et «elle», ou «celleux», contraction de «celles» et «ceux». «C'est une pratique qui est justement contraire à l'inclusion», a plaidé le rapporteur (rattaché LR) Cédric Vial auprès de l'AFP. «Les plus impactés par son utilisation sont en effet les personnes en situation de handicap et d'illettrisme . C'est une contrainte supplémentaire. Pour inclure, il faut au contraire simplifier la langue».
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La proposition de loi sera examinée lundi 30 octobre dans la soirée, dans l'hémicycle avec de bonnes chances d'aboutir à une adoption compte tenu de la domination de la droite et du centre à la chambre haute.
Il faudra ensuite passer par l'Assemblée nationale pour espérer voir ce texte devenir loi, ce qui serait une première en France pour l'écriture inclusive, désignée par une circulaire de 2017 - et par les sénateurs - comme une «pratique rédactionnelle et typographique visant à substituer à l'emploi du masculin, lorsqu'il est utilisé dans un sens générique, une graphie faisant ressortir l'existence d'une forme féminine», comme le point médian au cœur des mots.
Cette circulaire prise par l'ex-Premier ministre Édouard Philippe avait «invité» ses ministres, «en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l'écriture dite inclusive». En 2021, une autre circulaire du ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer avait proscrit son application à l'école.
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Plusieurs parlementaires ont déjà fait des propositions en ce sens, notamment au sein de la majorité. Le député François Jolivet (Horizons, ex-LREM) avait ainsi déposé en 2021 une proposition de loi interdisant l'usage de l'écriture inclusive aux personnes en charge d'une mission de service public, jamais inscrite à l'ordre du jour. Le 12 octobre dernier, le Rassemblement national avait inscrit un texte similaire dans sa «niche» parlementaire à l'Assemblée mais avait fini par le retirer alors qu'il se dirigeait vers un rejet.
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