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« L'épilogue » des Daft Punk, pionniers de la French Touch, après trois décennies de tubes

Le duo, formé par les Français Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, a annoncé sa séparation, lundi. La fin d’un groupe qui avait atteint les sommets de la scène musicale internationale.
Le duo Daft Punk, formé par Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, à Los Angeles (Californie), en avril 2013. Le duo Daft Punk, formé par Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, à Los Angeles (Californie), en avril 2013.
Le duo Daft Punk, formé par Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, à Los Angeles (Californie), en avril 2013.

MATT SAYLES / INVISION / AP

C’est le problème avec les robots… Difficile de connaître leurs états d’âme. Alors qu’on voit généralement venir de loin l’implosion de groupes de rock affichant publiquement tensions relationnelles ou incompatibilités artistiques, Daft Punk, le duo d’androïdes le plus célèbre de l’histoire de la pop et de l’electro, formé par les Français Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, a pris tout le monde de cours, lundi 22 février, en annonçant sa séparation.

Une fin de parcours (1993-2021) présentée par le biais d’une vidéo de 8 minutes sobrement titrée Epilogue et publiée sur leur compte YouTube, dans laquelle les deux musiciens casqués reprennent un extrait de leur film Electroma (présenté à Cannes en 2006), mettant en scène leur explosion respective en plein milieu du désert.

La nouvelle – confirmée, sans plus d’explication, par leur collaboratrice Kathryn Frazier – a fait l’effet d’une belle déflagration tant, en vingt-huit ans, ce tandem iconique de la French Touch a conquis un statut international. Une dimension revendiquée dès leurs débuts, servie par un savoir-faire hors-pair (les tubes Da Funk, Around the World, One More Time, Harder, Better, Faster, Stronger, Get Lucky...) et une façon « warholienne » d’envisager la création artistique comme un tout intégrant aussi bien la production de l’œuvre que son exploitation commerciale.

Cinq ans après leur rencontre, en 1986, en classe de quatrième au lycée Carnot, dans le 17e arrondissement de Paris, Guy-Manuel de Homem-Christo (né le 8 février 1974) et Thomas Bangalter (né le 3 janvier 1975) forment un premier groupe, Darlin’, avec le guitariste Laurent Brancowitz (autre future star de l’export français avec le groupe Phoenix). Leur coup d’essai est aussitôt relayé par un label anglais, Duophonic. Le résultat – un rock d’inspiration lo-fi – est si peu concluant que l’hebdomadaire britannique Melody Maker s’en moque en les traitant de « daft punk » (« punk idiot »).

 « L’absence de règles, un encouragement à la création »

 Le terme donnera une idée de nom au projet que préparent alors Thomas et « Guy-Man ». Leur découverte de la house et leur fréquentation des raves ont modifié leur approche de la musique. Platines disque, échantillonneur, ordinateur remplacent alors guitare, basse et batterie. « L’absence de règles, la légèreté de ce mouvement étaient un encouragement à la création », nous confiait Thomas Bangalter lors d’un entretien en 2007.

Là encore, Daft Punk étrenne sa carrière en publiant ses premiers titres chez une maison de disques indépendante britannique, les Ecossais de Soma. Le buzz, cette fois, ne tarde pas à résonner, avec un premier maxi, The New Wave (1993) et surtout, en 1995, le single Da Funk qui définit la première mouture de leur son, mélange de house et techno à la simplicité âpre et agressive.

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