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"C’est horrible", "On a peur" : à Conflans-Sainte-Honorine, parents et riverains sont sous le choc

Vendredi en fin d’après-midi, l’horreur s’est invitée dans les rues d’ordinaire si tranquilles de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, où un prof d’histoire a été décapité. Témoignages.

"C’est horrible", "c’est fou", "on a peur"… Le choc et l’incompréhension régnaient vendredi soir près du collège du quartier pavillonnaire, "calme", de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), où un prof d’histoire a été décapité par un assaillant tué par la police.

"Il ne passe jamais rien ici", lance, interloqué, Mohand Amara, un habitant de 45 ans, sorti, comme d’habitude, promener son chien le long du collège du Bois d’Aulne.

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Mais vendredi en fin d’après-midi, l’horreur s’est invitée dans les rues d’ordinaire si tranquilles qui entourent l’établissement. À la veille des vacances scolaires de la Toussaint, ce professeur qui y enseignait a été décapité et son agresseur présumé tué peu après par la police quelques centaines de mètres plus loin, dans la ville d’Eragny (Val-d’Oise). Le parquet antiterroriste a été aussitôt saisi et Emmanuel Macron s’est rendu sur place en soirée.

"C’est choquant"

Ce drame survient trois semaines après l’attaque au hachoir perpétrée par un jeune Pakistanais près des ex-locaux de Charlie Hebdo à Paris. L’accès à la rue où se sont déroulés les faits est barré par un cordon de sécurité, défendu par de nombreux policiers.

"Ça me fait de la peine, décapité en plus, c’est choquant", souffle Virginie, 15 ans, qui a connu cet enseignant, dont elle conserve de "bons souvenirs", quand elle était en classe de 4e. À ses côtés, Julia, une ancienne élève du collège aujourd’hui lycéenne, est venue sur place pour se "rendre compte". D’autres jeunes errent sur les lieux, portables à la main, en regardant une insoutenable photo de la victime diffusée sur les réseaux sociaux. Des familles, des parents avec pour certains leurs enfants dans les bras, s’agglutinent sur un trottoir, hébétés.

"Je l’ai (l’enseignant) vu aujourd’hui, il est venu dans ma classe pour aller voir notre prof, ça me choque, je sais que je ne le verrai plus", confie Tiago, en 6e, qui assiste à l’effervescence médiatique au côté de ses parents voisins de l’établissement scolaire.

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"C’est à nos portes, c’est chez nous"

"On a l’impression que ça n’arrive qu’aux autres, mais non, c’est à nos portes, c’est chez nous", glisse son père, Alfredo. "Je ne sais pas comment on va faire pour le petit, on est à 200 m du collège, on ne sait même pas si on va le laisser y aller tout seul" après les vacances scolaires, ajoute-t-il, en précisant que plusieurs de ses proches avaient "vu le corps à terre".

"C’est la campagne ici, il ne passe rien d’habitude"

Nordine Chaouadi est lui aussi venu sur les lieux. "C’est la campagne ici, il ne passe rien" d’habitude, lâche-t-il.Son fils de 13 ans, en classe de 4e, a "trop peur, il n’est pas bien", répète-t-il. Il avait cours avec ce professeur "d’histoire-géo" qui, dit-il, "avait l’habitude de leur parler de l’islam, de caricatures et tout ça".

"À aucun moment, il n’a voulu manquer de respect, c’est ce que m’a dit mon fils", assure Nordine Chaouadi, qui explique que le professeur avait demandé, la semaine dernière, aux enfants musulmans de sortir de sa classe pour ne pas être choqués par une caricature du prophète nu.

La séquence a suscité une vive polémique auprès de certains parents d’élèves, poursuit Nordine Chaouadi. "Je me sens super mal, c’est fou, c’est incroyable (…) tous les prophètes, même Jésus, ils se font tous insulter depuis 2 000 ans, ce n’est pas nouveau tout ça", lance ce père de quatre enfants de confession musulmane. "Je suis déboussolé, je n’arrive pas y croire". 

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