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Municipales à Paris : Benjamin Griveaux renonce après la diffusion d'images privées à caractère sexuel

« Je ne souhaite pas nous exposer davantage, ma famille et moi, quand tous les coups sont désormais permis », a-t-il dit en dénonçant « des attaques ignobles ».
Benjamin Griveaux annonce qu’il se retire de la compétition, à la suite de la diffusion publique d’images privées à caractère sexuel, le 14 février.
Benjamin Griveaux annonce qu’il se retire de la compétition, à la suite de la diffusion publique d’images privées à caractère sexuel, le 14 février. LIONEL BONAVENTURE / AFP

A Paris, c’est fini pour Benjamin Griveaux. L’un des principaux candidats à la Mairie de Paris, le député La République en marche (LRM) de Paris et ancien porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a annoncé vendredi 14 février au matin qu’il se retirait de la compétition, à la suite de la diffusion publique d’images privées à caractère sexuel.

« Je ne souhaite pas nous exposer davantage, ma famille et moi, quand tous les coups sont désormais permis, cela va trop loin. C’est pourquoi j’ai décidé de retirer ma candidature à l’élection municipale parisienne. Cette décision me coûte, mais mes priorités sont claires, c’est d’abord ma famille », a-t-il déclaré dans une courte allocution. Le désormais ex-candidat ne s’est toutefois pas exprimé sur l’authenticité de ces images et vidéos :

« En annonçant ma candidature à la Mairie de Paris, je connaissais la dureté de la vie politique. Depuis plus d’un an, ma famille et moi avons subi des propos diffamatoires, des mensonges, des attaques anonymes, la révélation de conversations privées dérobées, ainsi que des menaces de mort. Ce torrent de boue m’a affecté, mais il a surtout fait du mal à ceux que j’aime. Comme si cela n’était pas suffisant, hier, un nouveau stade a été franchi, un site Internet a relayé des attaques ignobles mettant en cause ma vie privée. Ma famille ne mérite pas cela. Personne, au fond, ne devrait jamais subir une telle violence ».

En marge de sa déclaration, M. Griveaux a indiqué à l’AFP s’être entretenu tard jeudi soir avec le président de la République, Emmanuel Macron, qui l’a, selon lui, assuré de son soutien « quelle que soit sa décision », en l’invitant à protéger les siens.

Plusieurs noms envisagés pour le remplacer

A trente jours du scrutin, LRM se retrouve sans tête de liste pour la Mairie de Paris, l’élection la plus scrutée de France, et l’une des rares que le parti présidentiel espérait initialement gagner dans l’Hexagone. Dans l’urgence, Emmanuel Macron et son équipe vont devoir trouver une solution de repli.

Plusieurs noms sont déjà envisagés pour remplacer Benjamin Griveaux, dont ceux des députés Mounir Mahjoubi et Pierre-Yves Bournazel, du sénateur Julien Bargeton – tous trois un temps candidats pour la Mairie – ou encore de la maire du 9e arrondissement, Delphine Bürkli. La ministre de la santé Agnès Buzyn, également pressentie, a redit vendredi sur France Inter qu’elle ne « pourrait pas être candidate aux municipales » en raison de son agenda ministériel « très chargé ».

Ancien socialiste, devenu l’un des premiers « marcheurs », Benjamin Griveaux était jusqu’à présent l’un des principaux concurrents de la maire socialiste Anne Hidalgo pour les élections des 15 et 22 mars. Le dernier sondage Odoxa-CGI pour Le Figaroréalisé dans la deuxième quinzaine de janvier le plaçait en troisième position, avec 16 % des intentions de vote au premier tour, derrière Anne Hidalgo (23 %) et la candidate Les Républicains Rachida Dati (20 %).

L’affaire a mis en émoi la Macronie dès la fin de journée, jeudi, alors que les images se répandaient comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Le directeur de campagne de Benjamin Griveaux, Paul Midy, envoyait un SMS à ses équipes pour leur donner rendez-vous à 9 heures vendredi matin. « Sur les questions posées par les journalistes, à ce stade, merci de ne faire aucun commentaire », précisait-il.

Cette nouvelle est un coup dur pour Emmanuel Macron, qui avait démultiplié ces dernières semaines son soutien en faveur de son ancien porte-parole lors de la campagne présidentielle de 2017. Le chef de l’Etat était ainsi intervenu, le 26 janvier, pour tenter de faire rentrer dans le rang le dissident Cédric Villani, par la suite exclu de LRM.

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