Justice. Affaire Adèle Haenel : Christophe Ruggia condamné à ...
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Les deux jours d’audience, début décembre, avaient été intenses, et marqués par de fortes montées de tension. Deux mois plus tard, le tribunal de Paris a rendu son jugement ce lundi dans le procès de Christophe Ruggia, 60 ans, accusé d’avoir agressé sexuellement Adèle Haenel quand elle avait entre 12 et 14 ans, après le tournage du film Les Diables en 2001. Le réalisateur est condamné à quatre ans de prison dont deux ans ferme sous bracelet électronique. Il va faire appel.
À la barre, l’actrice, qui s’est mise aujourd’hui en retrait du cinéma, avait décrit le processus toujours identique des agressions qu’elle dénonce, lors de visites au domicile de Christophe Ruggia les samedis après-midi. Elle assise sur le canapé, lui qui vient « se coller » l’air de rien au fil de la conversation. Puis les mains qui passent sous le t-shirt, dans son pantalon. Après le « goûter », il la ramenait chez ses parents.
« Mais ferme ta gueule ! »
Droite comme un i à l’audience, le visage régulièrement pris de spasmes nerveux, l’actrice aujourd’hui âgée de 35 ans avait cherché les mots pour décrire l’impossibilité de sortir de cet engrenage, face à un prévenu qui a contesté jusqu’au bout l’avoir agressée. L’actrice qui avait péniblement contenu sa rage face aux dénégations répétées de Christophe Ruggia, se contentant de le fixer d’un regard noir qu’il évitait, avait fini par exploser la seconde après-midi de procès. Bondissant de son siège, elle avait hurlé « mais ferme ta gueule ! », frappant des mains sur la table devant elle. Elle avait ensuite quitté la salle, comme en écho à son départ de la cérémonie des César en 2020 après la nomination du réalisateur Roman Polanski, un geste qui l’avait érigée en symbole des féministes.
Soutenant qu’elle avait une « sensualité débordante » à 12 ans, Christophe Ruggia a assuré n’avoir « jamais » été « attiré » par Adèle Haenel, dénonçant une « vengeance » de l’actrice car il aurait refusé de la faire jouer à nouveau. Et puis, « il fallait lancer un #MeToo français, et c’est tombé sur moi », a-t-il lâché. L’accusation avait requis cinq ans de prison, dont deux ferme aménagés sous bracelet électronique à l’encontre du réalisateur.
« Justice a été faite », salue Judith Godrèche
« Ce qui est important, c'est que justice ait été faite. C'est très émouvant pour moi », a salué lundi à la sortie du tribunal l'actrice Judith Godrèche, figure du mouvement MeToo en France.
Après le jugement de Christophe Ruggia, le milieu du cinéma n’en aura pas fini avec la justice. Les 24 et 25 mars, c’est Gérard Depardieu qui devra répondre d’accusations d’agression sexuelle sur un tournage.