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L'Allemagne sous le choc du terrorisme d'extrême droite

Au lendemain des fusillades perpétrées dans deux bars à chicha de la ville de Hanau, toute la classe politique allemande accuse le parti d’extrême droite AfD d’entretenir un climat encourageant les attentats racistes.
Hommage aux victimes de l’attentat de Hanau, au pied de la porte de Brandebourg à Berlin, le 20 février.
Hommage aux victimes de l’attentat de Hanau, au pied de la porte de Brandebourg à Berlin, le 20 février. MARKUS SCHREIBER / AP

Certains événements font surgir des réflexes d’unité nationale. Ce fut le cas, jeudi 20 février, en Allemagne, au lendemain des fusillades perpétrées dans deux bars à chicha de la ville de Hanau (Hesse), près de Francfort. Le temps d’une minute de silence, une vingtaine de responsables politiques du pays ont mis leurs différends entre parenthèses. Ils se sont donné la main au pied de la porte de Brandebourg, à Berlin, pour rendre hommage aux neuf morts de cet attentat.

Parmi les personnalités présentes, Paul Ziemiak et Lars Klingbeil, les secrétaires généraux de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et du Parti social-démocrate (SPD), membres de la « grande coalition » de la chancelière Angela Merkel, mais aussi des représentants de l’opposition, comme la coprésidente des Verts, Annalena Baerbock, ou le président du Parti libéral-démocrate (FDP), Christian Lindner.

Cette unité n’était pas que de façade. Tout au long de la journée de jeudi, les représentants de ces différentes formations, ainsi que ceux du parti de gauche Die Linke, ont condamné la tuerie de la veille en des termes semblables. Reprenant à la lettre les mots du parquet fédéral, qui s’est saisi de l’enquête, tous ont dénoncé le caractère « profondément raciste » de l’attentat.

Un qualificatif utilisé également par Mme Merkel qui, dans une sobre intervention de trois minutes prononcée depuis la chancellerie, jeudi midi, a condamné un acte « aux motivations xénophobes », avant de déclarer : « Le racisme est un poison. La haine est un poison. Ce poison existe dans notre société et il a déjà été responsable de trop de crimes. »

Dans ce climat de quasi-union nationale, un seul parti a fait entendre sa différence : Alternative pour l’Allemagne (AfD). Contrairement aux autres familles politiques du pays, la formation d’extrême droite a refusé d’attribuer la moindre inspiration idéologique à l’équipée meurtrière de Tobias R., le tueur de Hanau, retrouvé mort dans son appartement aux côtés du corps de sa mère, jeudi matin.

« Ce n’est ni du terrorisme de droite ni du terrorisme de gauche. C’est l’acte délirant d’un fou. Toute forme d’instrumentalisation politique de cet acte horrible est une ineptie cynique », a notamment commenté Jörg Meuthen, le coprésident de l’AfD, sur Twitter.

« C’est trop simple de désigner l’extrême droite »

Martelé par l’ensemble de l’extrême droite, cet argument a été contesté avec vigueur par plusieurs dirigeants politiques, pour qui l’AfD a précisément une responsabilité majeure dans la tuerie de Hanau.

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